samedi, 02 avril 2011
Me voici

Me voici. Vide.
A bout d’encre
A bout d’envie
Les doigts raides
La nuque aussi
A peine en vie
Vide et laide
Laide et livide
Une épée, un fil
Une funambule
Une fille, une bulle
Une fille vile
Me revoici. Lente.
Alanguie, indolente
D’un sommeil sans rêve
Je plonge dans le vide
D’un trait je me gomme
Au sommet de l’inutile
Silence je me nomme
Dans le droit fil du futile
Simplement ailleurs
Sous les ors de l’absence
Quelque part à l’extérieur
Loin de l’effervescence
Invisible comme un secret
Michèle Menesclou
12:08 Publié dans Feuillet poétique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : poésie |
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mardi, 23 novembre 2010
Danse

Pieds levés ailes déployées,
Jaune rouge vert d’eau
Une barque balance deux trois à droite
Un deux à gauche tribord bâbord au fond du lac
En surface les planches se croisent
Absorbées entre cristes-marines.
Naufragés de l’oubli
Sombrent somnolents estivants
Un deux, pas de l’exil,
Symptôme des âmes apeurées
Un deux trois,
Valse sans retour vers des pays aimants
14:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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samedi, 13 novembre 2010
Temps de novembre

Aujourd'hui, un vrai temps de novembre parisien. La pluie tombe avec rage sur la chaussée, elle rebondit dans les rais des phares des voitures. Les parapluies dégoulinant s'entrechoquent, les corps sont courbés pour échapper aux rafales, les bus roulent tête baissée et éclaboussent les trottoirs. Les autos fument de gros cigares. Le bitume, peau grise et épaisse des villes, reflète les ombres pressées, les lumières colorées qui s'effilochent dans la nuit.
A six heures pétantes, la tour Eiffel s'est allumée, elle scintille, un peu ridicule dans ses habits de gala un soir comme ça. Les cheveux des filles sont des montgolfières, les garçons les portent plaqués sur le front. Les manteaux ont fermé leurs cordons, les chaussures floc-floquent sur le pavé, les nez reniflent, les gorges toussotent, c'est novembre.
Le fleuve sursaute en ricochets, parfois il me semble le voir réellement avancer. Il est noir et mystérieux ce soir, que cache-t-il dans son ventre ? Sur les quais, des péniches enfoncées dans l'eau jusqu'à la taille attendent. C'est un temps de novembre à Paris aujourd'hui.
Michèle Menesclou
16:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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lundi, 18 octobre 2010
Bonheur humide - Alexandrie Lacaze

La recherche du bonheur
Me fait douloureusement sourire
J’ai tenté de réparer le monde
Ce fut un échec,
Défaite de l’aventure
Regardons-le en souffrance
Ce monde est voué à la pourriture
Tout comme chaque organisme vivant
La planète se putréfie
Chaque jour et celui d’avant
Nous cherchons à la guérir
Entreprise sans espoir
Naître nous lie
Nous appartenons
Venir au monde
Nous donne des devoirs
Je n’existe pas
Je est une partie du tout
Chaque homme vient au monde
Parce que l’univers le réclame
Il n’y a nulle autre raison
Le reste est dérisoire
Dans une barque
En son fond
Quelques souvenirs passent
Demeurent des impressions
Si demain je meurs
Quels regrets
Quels remords
Quelles victoires
M’accompagneront ?
L’autre me donne à dire
Sans autre mode de pensée
C’est par lui que j’existe
Pour lui que je disparais
Dans les millions d’étoiles
J’irai rejoindre demain
Ceux d’hier et de jamais
Me fondre en un éternel refrain
Poursuivi pas ceux qui viendront après
Dormir n’est pas mourir
Dormir est lutter
Je me bats avec les cauchemars
Les rêves de bonheurs
Ceux qui jamais ne naîtront
Enfuis vers l’éternité.
17:50 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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dimanche, 10 octobre 2010
Pour Jean-Marc : "Le bonhomme sept heures et la dame de coeur"
Ce qui est écrit en italique est emprunté à un texte de Jean-Marc La Frenière : "DE LA DAME DE CŒUR AU BONHOMME SEPT HEURES ".

La mort n’emporte pas toutes les fleurs avec elle. La mort n’arrête pas la pluie. Sur les carreaux tombent les gouttes de traverse. L’eau prend la tangente, intransigeante : un sang livide, des larmes fades et amères. Il attend, tapi dans un recoin sombre en tueur du dimanche le bonhomme sept heures, prêt à briser les os et à sucer la moelle des enfants tristes, des enfants pas sages. Son sourire figé fendu en yatagan attend. Derrière une porte, dans une penderie, sous un lit, dans l’obscurité il guette. Tremblez, adultes, priez pour vos enfants ! Ceux que vous ne savez pas protéger, ceux que vous n’aimez pas suffisamment. L’inattention n’est pas permise, pas un seul instant. Craignez le bonhomme dans son habit de mort, il cueille les fruits mûrs avant qu’ils ne tombent de l’arbre. Ses longs doigts délicats sauront effeuiller les corps fragiles.
La mort n’emporte pas toutes les fleurs avec elle. La mort n’arrête pas la vie. Au-delà de la mort, le vent chante encore. Les blés mûrissent sous le nez des corbeaux. La dame de cœur donne la vie, caresse les joues de soie, berce dans ses bras de fée et inonde le monde de douceur. Et la lumière résonne entre les feuilles après la pluie. La terre boit la liqueur jusqu’à la lie, l’élixir de vie. Dans les maisons quand vient la nuit, la dame de cœur veille. Elle protège toutes les peaux, les noirs, les blancs, les jaunes, les rouges, les bleus sans petits pois, les chauves, les crépus, ceux qu’on a piqués avec des étoiles jaunes, épinglés, tondus, gazés. La dame de cœur garde les enfants, tous les enfants avec le même amour, la même chanson. Elle fait tomber un édredon de neige sur toutes les peines, toutes les misères. La dame porte le monde sur son sein, dans son cœur, et le monde s’endort fatigué, las d’avoir veillé, fatigué de ses combats. Un petit tas de cendre voilà ce qu’est le monde.
Entre la dame de cœur et le bonhomme sept heures, entre la mort et la naissance, entre la neige et l’oasis, mêlé aux hommes, aux étoiles et aux bêtes, je ne sais plus où je commence. Je ne sais pas où je finis, entre les bras sucrés de l’autre, dans le sac morbide de l’un ? Il se peut que l’un et l’autre soient nécessaires à l’ordonnancement des choses, il se peut que sans l’un l’autre n’existe pas. Il se peut que sans la neige nulle chaleur, sans étoile pas de jour. Je navigue entre les contraires en brave esquif évitant les récifs, avec une certaine foi en l’équilibre, faisant crédit à l’humain au-delà de mes moyens. J’avance, un peu à l’aveuglette, toujours sur le fil avec dans les mains des brassées d’espoir.
Des mots comme des étoiles au fond d’une galaxie. Des mots comme des regards dans une salle obscure. Des mots vacillants, des mots vaillants, évitant le chaos. Mais des mots comme des morts méprisant le vivant. Des mots à qui l’on fait dire et dire encore. Des mots incantations, des mauvais sorts. Les mots sont des pierres dont on fait les chemins, mais aussi les murs.
Le bonhomme sept heures, quand vient le jour, est un pauvre rebouteux, il guérit les douleurs, remet les os. Au petit soleil du matin, la dame de cœur sert des petits noirs et des crèmes mousseux au comptoir d’un bistrot fétide.
Michèle Menesclou
15:02 Publié dans Colophon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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samedi, 09 octobre 2010
Enfants d'Adam

D’une même eau
Mer des entrailles
Chacun est sorti
Expulsé vers le souffle
Le même sang
Au gout de fer
Fleuve de vie
Navigue au cœur
Face semblable
Visages uniques
Tournés vers le soleil
Enfants humains
Couleurs de chair
Teintes de peau
Semblables et diverses
Tous fils d’Adam
16:59 Publié dans Feuillet poétique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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mercredi, 02 juin 2010
Mais c'est quoi ?

J’ai vu des poules armées jusqu’aux dents
J’ai vu des gendarmes coursés par des voleurs
J’ai vu le vent filer comme un bas
J’ai vu des cordes se prendre pour la pluie
J’ai vu d’autres cordes se pendre de désespoir
J’ai vu des pendus ne pas valoir la corde à laquelle ils se balancent
J’ai vu un fil se trouver trop gros ou un allegro qui se défile
J’ai vu la mer se précipiter sur la grève au grand galop
A angle vif les nerfs à vif
Dans un rond de lumière une petite fille seule, immobile
On a oublié l’innocence c’est le cerveau qui se calcifie
On a oublié le goût de l’oxygène
Comme une girouette au sommet de l’Himalaya
Et le vent se fracasse sur les falaises dans un chant de troubadour
Les rochers verdissent
De minéral ils changent de sexe
Attendons la prochaine lunaison pour nous retrouver
L’homme est l’étai sous lequel le monde essaye de tenir
Il succombe à la tentation de la seringue, du gin, du sexe, de l’argent, du pouvoir
Et tout s’écroule
Puis se confesse en espérant
J’ai trouvé dans un cerneau le secret des fourmis
Le vent est un mélodiste
Dans des babouches de cuir les pieds désorientés et éreintés s’orientalisent
Sous le sable d’or dort un trésor
Michèle Menesclou
15:18 Publié dans Feuillet poétique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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Bazbaz
14:55 Publié dans Good Vibrations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 27 mai 2010
Transparence

Chaque jour possède une couleur, chaque jour reflète une aura, résonne d’une tonalité particulière. Et puis certains jours sont transparents.
De l’obscurité à la lumière, rien n’est différent. Le trottoir porte mes pas sans même s’en apercevoir, l’air me déplace à peine. Une légèreté absolue m’accompagne qui voisine avec une terrible pesanteur intérieure. Cohabitent le noir et le blanc, l’indicible et le concret.
Soudain immatérielle, et pourtant physique, temporelle. C’est dans le regard des autres que la transparence est douloureuse, le regard qui transperce sans s’arrêter, sans un accroc ni aux mains, ni à la bouche. Encore moins aux yeux menant vers intérieur, ce qui est le plus secret.
Ces jours où l’on doit crier pour se faire entendre et où pourtant le silence vient en retour.
En écho à ma voix, je n’entends que le bourdonnement de la ruche, une ruche active et indifférente, centrée sur elle-même. J’essaye parfois de m’immiscer dans un interstice laissé, par erreur, dans toute cette transparence, mais c’est une gomme puissante. Impalpable, inexistante, intangible je suis pour le monde les jours de transparence.
Michèle Menesclou
19:57 Publié dans Feuillet poétique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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samedi, 10 avril 2010
Araignée et cie présente :

(à Victoria)
Une araignée sexy aux fines pattes gainée de bas noirs. Je la regarde sans mes lunettes, je la trouve belle dans mon brouillard, je lui parle, je lui demande pardon de la déranger. Dieu sait quel monstre ce devrait être si vraiment je la voyais !

Sur la table du salon
Un millepatte riquiqui
Danse en rythme au son
D’un frénétique sirtaki.
Près de la cheminée
Une gluante limace
Sur une bûche installée
Donne un spectacle de grimaces.
« Bravo, bravo !,
Du seuil de la maison
S’écrie l’escargot,
J’en ai des frissons »

Une araignée élégante
Gainée de bas noirs résille
Lentement se dégante
En battant des cils.
Les fourmis guillerettes
Forment un bataillon
Hop ! Quelles majorettes
Elles lancent leurs bâtons.
Un grillon prétentieux
Se prenant pour Bach
Grésille près du feu
Des accords qu’il plaque.
La fine troupe s’éclipse
Quand soudain approche
Dans la main du pain d’épices
L’autre dans sa poche…
Victoria !
Michèle Menesclou
17:33 Publié dans Feuillet poétique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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