Yod

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Yod

YOD

La dixième lettre de l'alphabet hébraïque vient du palais et ressemble à une goutte ou à une larme (voir Aleph, le giron du point Yod). Yod est aussi une voyelle dont le son est i, et une lettre muette comme Aleph et Hé.

Le dessin originel du signe est un bras étendu, transformé en un point, le sens est une main fermée en un poing. Le dessin actuel est un point qui se développe en deux ailes, l'une s'élançant vers le haut, l'autre, vers le bas.

D'après la Qabalah, la lettre Yod est un signe ayant deux déterminations: l'une est formée et révélée, le signe Yod dessiné; l'autre est non formée et non révélée, le point conceptuel proprement dit. Ces deux aspects de la lettre Yod sont appelés aussi "décoincé ou déployé" ou réel et "coincé ou non déployé, contenu" ou irréel.

Le point primordial est le résultat du retrait divin appelé "tsimtsoum" à partir duquel l'univers est créé. Sur l'Arbre de Vie, ce point Yod, placé au niveau de la Sagesse (h'okhmah), émet deux lumières dont l'une, infinie, s'estompe vers le haut. La lumière finie descend et révèle le signe Yod explicite, grâce auquel l'univers et son contenu existent et sont rendus tangibles. Le signe Yod révélé et explicite yod-waw-dalet se situe dans l'attribut du Fondement, épanchement des séphirot vers le Royaume. La lettre Yod vient ainsi éclairer le secret du Fondement (sod) ou fertiliser le "repère du Juste" comme une semence.

D'après la Tradition, le point initial s'est déployé comme une ligne vers le bas en un signe Waw, puis en une deuxième ligne pour former un plan, le signe Dalet. Et de fil en aiguille, le Dalet donne le Hé, par adjonction du Yod, ou du Waw, lui-même issu du Yod. Le point initial est l'origine de toutes les lettres et de l'écriture.

Mais par ailleurs le Yod se révèle dans son écriture explicite "yod-waw-dalet", pour nous confirmer son déploiement progressif.

On a vu aussi que le signe Aleph contient le signe Yod dans ses deux aspects. Aleph contient le point initial, origine des lettres.

A travers ses engendrements Waw, Dalet et Hé, le signe Yod dessine le nom tétragramme divin yod-hé-waw-hé, implicitement contenu dans l'unité du signe Aleph. Comprenant les deux aspects du signe Yod, le double signe Yod est aussi une désignation du divin, sous l'appellation "adonay".

Le signe Yod se dédouble dans certains mots de la Torah. Dans Genèse chap 1 vers 7, Dieu créa l'homme de la poussière, le mot "et il forma" ou "wéyyitsar" peut se lire "le double yod est un rocher", un signe pour Adam. Un fils de Jacob porte le nom à double Yod de "Yyitsakhar", qui peut se lire "le double signe Yod est le salaire", la rétribution de ce chercheur en théologie, futur chef de tribu. La dualité du signe Yod se manifeste ici par ce dédoublement du futur qui suggère la Torah écrite pour le signe Yod caché et la Torah orale pour celui qui est révélé.

Le sens de la lettre Yod est le bras, et par extension, la main. Les deux mains jointes forment un lieu de rencontre; les deux mains serrées, un lien de fraternité; les mains ouvertes, l'image d'un soutien, d'une compréhension; la main est le signe de l'action et de la réaction. La main indique, matérialise et fait exister un concept ou une idée.

La valeur de la lettre Yod est dix, retour vers l'unité par la dualité et la multiplicité. I1 y a dix paroles créatrices du monde et dix commandements pour le maintien de celui-ci. I1 y a dix séphirot, dix concepts de la manifestation divine, espoir de la Rédemption des dix niveaux de l'âme.