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mercredi, 31 octobre 2007

Je boite 3

 


podcast
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J’ai toujours boité. Du plus loin que je revienne. Ma mémoire parfois me joue des tours, c’est elle qui boite. Je n’ai qu’un souvenir sur deux. Petite fille je sautais à la corde sur une jambe, j’étais la risée des écoliers. Mais à la marelle, à cloche-pied, j’étais la reine. Imbattable !

Goéland mon frère, comme toi je marche de guingois mais je vole haut et avec grâce. Enfant je flottais dans les airs seule la nuit lorsque tout dormait : seuls les yeux de l’espoir entrevoient dans l’obscurité. Adieu ma patte folle, mes ailes m'entraînais vers les cimes, je survolais les champs libérés du laboureur au repos, les mers aux vaisseaux engourdis, les forêts obscures en éveil nocturne. D’un battement de cils je pouvais saluer les étoiles. Les baisers de la lune se fichaient à mon front. Je planais à l’envers du temps.

Aujourd’hui, on me trouve pensive, éthérée. On me dit ailleurs, je ne sais où dans les nuages. On me pense originale et singulière, je ne dis que ce que je vois pourtant. Une vache a mugit dans ma bouteille de lait, une sirène a chanté dans l’aquarium. Je sais, je boite mais je ne vous trouve pas bonne mine.

Secrets


Dalia Faitelson "Point of no return"

Halloween

9ec1365eba90cbade73cfeff70eb5619.jpgDeux feuilles sont tombées de l’arbre, solidaires.

samedi, 20 octobre 2007

Je boite 2

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Je boite. Des deux pieds. Parfois le droit, ou alors le gauche, je ne sais plus. Je garde des chèvres dans la montagne, autrefois je courais avec elles, je sautais le ruisseau. Maintenant, je boite. Elles me suivent gentiment, comme si elles comprenaient. J’avais la tête dans les nuages, le nez planté dans les étoiles mais depuis que mes pas ne me font plus avancer, mes regards s’enfoncent dans la terre. Ils y creusent déjà mon tombeau. Je marche. Je soulève mon chapeau pour essuyer mon front, boiter fatigue. Je m’arrête. Je m’assois sur un rocher, j’observe ce que je ne voyais pas avant, les petites choses qui demandent de l’attention. J’écoute le vent me parler, lui à qui je riais au nez. Je me relève et me remets à marcher un pied, puis l’autre et je compte les cailloux du chemin. Je crois que c’est dans ma tête que je boite. Il se peut même que je sois devenu vieux sans même m’en rendre compte. Je ne sais pas compter les jours, je suis ignorant, mais je crois bien que mes cheveux sont gris et que mes mains sont tordues. Est-ce pour cela que je boite ?

dimanche, 14 octobre 2007

Silence dans le jardin

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Quelques nénuphars
Dans l’ombre descendante
Et le bassin exulte

Le vent, doigts de soie
Réveille quelques clochettes
Un chant titille le silence

Des sandales frôlent le gravier
Empreintes coquillages
Que suivent quelques fourmis hagardes

Le soir marbré de lumière
S’étiole irrésolu
Attendant son heure

Et dans ce qu’il reste de clarté
Innocent et fragile
Un insecte s’éteint

Lentement les bruits s’émoussent
Et l’air fane
Des odeurs nouvelles

La moiteur s’évanouit
Frileuses les pétales se replient
Privées de soleil

Le jardin ferme son pavillon
Une poupée de chiffon
Dort nue sous la rosée

Sous les éclats de ciel
Elle dort paisible
Seule et aimée

 

© M.M (extrait de Alphabet Végétal)

samedi, 13 octobre 2007

Je boite

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Je ne peux plus marcher, je boite. J'avance en claudicant sur le chemin.
Autrefois, je gambadais comme un cabri dans les prés, batifolant dans les herbes hautes de l'été. Aujourd'hui, je mets un pied et rien devant. Ma démarche balance. Je danse en marchant.
Il n'y a pas si longtemps, je courais comme un chien fou, de droite, de gauche, sans but ni raison, le monde m'appartenait. Pas un mètre de bitume, pas un pouce de chemin que je n'aie arpenté, foulé de mes pieds. Maintenant j'avance, peu sûr de mes pas. J'avais cette insouciance qu'ont ceux qui ne savent pas, qui n'ont pas conscience de leur liberté. Tout était si naturel, parler, aimer, marcher.
Là, à cette heure, je sais. Parfois la vie met des clous dans les chaussures pour empêcher d'avancer. Je vais sans être sûr d'où me mènent mes pas. Je boite. J'ai les chaussures pleines de clous, la tête pleine d'idées...
Je tourne sur moi-même, je suis un derviche tourneur, ma danse mystique fait un trait d'union entre la terre et le ciel. J'avance à la verticale. Je boite en marchant, mais je vole en me dirigeant vers les étoiles. Je suis laid au sol, j'ai la grâce dans les airs. Je ressemble aux goélands : maladroits lorsqu'ils se dandinent sur les falaises et qui offrent au regard le plus beau des spectacles lorsqu'ils s'élancent vers les nuages.

mardi, 09 octobre 2007

Funambule

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Les religions sont une supercherie spirituelle

samedi, 06 octobre 2007

Jeux de mains

http://fr.youtube.com/watch?v=ytGGlha00PI

vendredi, 05 octobre 2007

Hier...

Hier il y avait 2 ans...
On s'habitue à l'absence, pas au manque
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