vendredi, 28 décembre 2007
Luciano Bolis - Le grain de sable
Luciano Bolis
Mon grain de sable
Éd. 10/18 Domaine étranger
Titre original : Il mio granello di sabbia – Traduit de l’italien par Monique Baccelli
© Giulio Einaudi editore, 1946
Quatrième de couverture -
« C’est un texte extraordinaire, un peu comme si Jean Moulin avait échappé à Barbie et nous avait laissé le témoignage de ses tortures et de sa tentative de suicide. Bolis était un des chefs de la Résistance à Gênes, il a été arrêté en février 45 par des fascistes aux abois enragés par leur proche défaite. Bolis n’est pas identifié, mais on se doute de l’importance de la prise : après les sévices habituels, Bolis, pris en mains par le chef des tortionnaires, ne parle pas. Mais, jour après jour, les tortures deviennent plus raffinées ; à demi mort, il craint toujours de craquer et il décide de se suicider avec une lame de rasoir qu’il a camouflée. Le récit devient alors insoutenable, mais il faut le soutenir, il faut lire ces pages, non par voyeurisme sadique, mais pour aller au bout de l’expérience de vie, pour tirer la leçon de ce supplice que s’inflige Bolis : faire ce qu’aucune bête n’aurait fait, comme dit Saint-Ex à propos de Guillaumet naufragé dans les Andes. »
Michel Polac, Charlie Hebdo
L’auteur -
Né à Milan en 1918 dans un milieu bourgeois, Luciano Bolis prend courageusement position contre les convictions fascistes de ses parents, entraînant avec lui ses deux frères dans les rangs de la Résistance. Étudiant en littérature et en philosophie, sportif accompli, il saura mobiliser – lors de son arrestation par des Chemises noires – des ressources exceptionnelles de résistance physique et morale. Après la guerre, il sera un militant actif de la construction européenne. Luciano Bolis est mort en 1993.
Ma lecture –
Un livre bouleversant. Un témoignage lucide sur la cruauté : jusqu’où peuvent aller les hommes, y a-t-il une limite autre que la mise à mort ?
Sans pathos, avec juste ce qu’il faut de recul (de la même façon qu’a livré son récit Primo Lévy son compatriote), Bolis qui ne se considère pas comme un héros fait le récit de sa capture et de ces jours d’emprisonnement et de torture entre les mains des Brigades noires. Au moment où il va être pris en mains par le plus terrible des bourreaux, il prend la décision de mettre fin à ses jours, mais même la mort ne veut pas de lui…
17:11 Publié dans Colophon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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Commentaires
Ce livre m'a marqué énormément également. Sa brièveté n'ôte rien à sa force, c'en est même vertigineux !
Ecrit par : Giscard le Survivant | lundi, 19 octobre 2009
Répondre à ce commentaireOui je suis d'accord sur le vertige, c'est d'une grande force et on est entraîné dans une sorte de vortex terrifiant...
Ecrit par : MiKla | lundi, 19 octobre 2009
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