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mercredi, 30 janvier 2008

Las Encatadas

Alors le Nautonier : “Ceci ne saurait être cdb5d932189e4cabd1c7f2592664ad6c.jpg

À moins que ne voulions nous perdre sans recours ;

Ces îles qui parfois se montrent au regard

Ne sont point ferme sol ou substance certaine,

Mais terres égarées parmi les eaux nombreuses

Et çà et là courant : les îles Vagabondes.

Maint et maint voyageur ont-elles su commettre

À danger redoutable et mortelle détresse,

Car quiconque a posé le pied

Dessus leur rivage trompeur

Il erre à tout jamais dans l’insécurité…..

Spenser, La Reine des fées, livre II, chant XII

 

Me voici telle que les Encantadas, île immuable fichée dans l’épine dorsale de l’équateur, qui ne connaît ni changement, ni humeur, parfaitement désenchantée.

Tango




De 1998, le film "Tango" dirigé par Carlos Saura musique de Lalo Schiffrin.

lundi, 28 janvier 2008

Ma peau

Qu'ai-je fait de ma peau de petite fille ? Elle s'est accorchée en filaments de lumière, aux herbes et aux pissenlits, aux branches des arbres de la cité, entre les feuilles du saule pleureur, en contre-bas du talus où j'allais jouer "un deux trois ma boule quatre cinq six qui roule...". Disparue, envolée entre les bras des quatre vents ! Partie mon enfance ? Non, elle est tapie dans le creux de mon âme, lovée dans un coin de ma conscience.

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Janis Joplin

samedi, 26 janvier 2008

Petit matin

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Depuis ce matin, c’est officiel : le soleil se lève plus tôt. La lumière nous surprend, nous étonne, nous réjouit.

 

J’habite entre deux écoles. Une école primaire, qu’autrefois on appelait la communale et une école maternelle, la mal nommée puisqu’elle consiste à séparer de leur mère, des petits « veaux » auxquels on vient juste de retirer le téton de la bouche. Une bouche tendre et il y a si peu encore édentée.
Ils arrivent de partout, c’est une humanité miniature. Cet « avenir » en baskets déboule du carrefour emmitouflé, chapeauté, encagoulé, ganté. La policière raide dans son gilet jaune phosphorescent arrête les voitures avec l’autorité que lui confère son sifflet et laisse passer ce banc de sardines bifluoré.
Les plus pressés des parents expulsent leurs rejetons des voitures, ils ouvrent la portière de l’intérieur et envoient à leurs minots des baisers sincères mais pressés. D’autres géniteurs accompagnent jusqu’à la porte de l’école, sur le pas de la promenade. Certains lâchent la main au coin de la rue et regardent leur « chérubin » s’éloigner dans la brume.

Ce matin, trois petits se tenant par la menotte chantaient en chœur : « une souris verte qui courait dans l’herbe… » Comme maman était heureuse ! Quelques papas chahutent. Des matrones se retrouvent sur le trottoir et discutent le bout de gras. Elles battent la semelle mais  elles aiment ça, c’est leur petit rituel du matin. On compare sa progéniture à celle de la voisine, on partage les conseils, les trucs, les recettes…
Un petit de la grande école – il doit être au CP – marche seul, un peu débraillé, manteau ouvert, lacets défaits. Il regarde dans le vague devant lui mais ne voit rien, il semble encore vivre ses chimères de la nuit, ses luttes contre le monstre de l'obscurité.
Un sac à dos sur le devant, un sac de gym dans le dos, une petite blondinette, presque une jeune fille, court en se dandinant pour rattraper une copine  au coin de la rue.
Le matin, petits ou grands, nous sommes les flèches tirées d’un arc imaginaire. Nous suivons la même trajectoire nous menant vers le même lieu. On connaît par cœur les pas, les rues où ils nous mènent, les défauts de la chaussée, le nombre d’arbres, de poteaux, de trottoirs à descendre ou à monter, la durée d’un feu rouge, le temps qu’il faut pour le passer.
Un petit, un tout petit, le dernier de la couvée, le plus jeune de tous, fragile et tendre, tient la main de son papa comme le naufragé attrape sa planche de salut. Il doit avoir quatre ans tout mouillé. Le papa tient un cartable, le petit un sac à dos minuscule :
-Ouinnnn ! Papa, je ne veux pas aller à l’école.
Sa voix est si pâle dans la fraîcheur du matin.

-On ne va pas à l’école, dit le papa.
Plein d’espoir et presque reconnaissant, l’enfant reprend :

-Ah ? On va à la voiture ? On part se promener ? Tu m’emmènes à ton travail ?
-Mais non, je plaisante, dit le cruel papa, tu vas à l’école !
-Ouinnnnn ! Tu me fais pas rire papa, ouinnnn !

Et ainsi va le matin.

mardi, 22 janvier 2008

Que No !

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et la po
po po
po po po
 po stérité

  Raymond Queneau

 

Ce soir,
Si j'écrivais un poème
pour la postérité?
fichtre
la belle idée

je me sens sûr de moi
j'y vas
et à la postérité
j'y dis merde et remerde
et reremerde
drôlement feintée
la postérité
qui attendait son poème

ah mais




Extrait de
"L'Art Poétique"
Poésie/Gallimard

dimanche, 20 janvier 2008

Stand by Me (The movie)



(un chouia monomaniaque !!)

Stand by Me

Ben E King 1961


John Lennon

samedi, 19 janvier 2008

I soliti ignoti (1958)



"Le Pigeon"
Capannelle, un ancien garçon d’écurie, simple d’esprit, Mario, un rêveur par vocation et un voleur par erreur, Ferribotte, un sicilien très jaloux des fréquentations de sa sœur Carmela et Tiberio, un photographe et voleur par conviction, tous voleurs de petite envergure, sont à la recherche du 'gros coup'. Dans l’immédiat, les quatre compères n’ont qu’un but : trouver une personne qui, moyennant monnaies trébuchantes, accepte de s’accuser du vol d’une voiture commis en réalité par Cosimo, un petit bandit de périphérie, dont ils souhaitent la libération parce qu’il est un 'gros coup'...

- I Soliti ignoti (ITA) (titre original)



avec


Vittorio Gassman

Renato Salvatori

Marcello Mastroianni

Claudia Cardinale

Totò

vendredi, 18 janvier 2008

Des nouvelles des étoiles

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Sur la peau blême de l’hiver s’est posée une floche. La lumière est jaune ce matin, les rues sont givrées, sous chaque manteau palpite un cœur enroué par le grésil. Les effluves de soupes emplissent les narines jusqu’à midi. Une peau d’orange laisse son empreinte odorante sur les doigts engourdis. Dans les ateliers on renifle, Madame ! On renifle, on tousse ! Les petites mains, le nez roussi, comptent les heures mieux que la pointeuse. Le soir tombe par surprise, il fait jour et la minute suivante la nuit nous fige. La pluie traverse les âmes, la peau, les os, brouillant la lumière opaque des étoiles. Demain pousse demain jusqu’à la fin. Et le bonhomme hiver, son baluchon de flocons sur l’épaule, taille la route vers de nouveaux matins.

M.M

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