samedi, 25 octobre 2008
Scribulations
Bonjour,Je suis très fière de vous annoncer la naissance de la revue papier "Scribulations". C'est une revue dans laquelle je me suis beaucoup impliquée et qui me tient très à cœur. Elle se présente sous format livre et je vous promets de belles lectures.
Cette revue se propose de mettre en avant les textes écrits en ateliers. Nous faisons également des appels à textes (et à illustrations) pour les numéros futurs et je pense que ça pourrait intéresser quelques-uns d'entre vous.
Amitiés à tous
Michèle Menesclou
Scribulations publie trois fois l’an des textes courts issus d’ateliers d’écriture, cette dénomination étant très large, puisqu’elle englobe toutes les formules permettant à des auteurs de se retrouver pour écrire, y compris sur Internet.
Se réunir pour écrire encourage, stimule, ouvre des perspectives nouvelles et permet de rencontrer ses premiers lecteurs. C’est bien du plaisir d’écrire avec d’autres dont voudrait témoigner Scribulations, qui publie dans ses rubriques des textes réunis par la même proposition d’écriture, ou écrits à plusieurs.
Scribulations est édité au format livre au prix de 10 € l’exemplaire et le numéro 01-08 rassemble en deux cent pages une bonne cinquantaine de textes, groupés dans huit rubriques :
· Les silences de Soupir, une sélection des poétiques et touchantes réponses postées par une internaute à cette question posée en ligne : « Qu’entendez-vous dans le silence ? »
· Sans verbe, un texte collectif sur l’été, écrit avec cette contrainte particulière de ne pas utiliser de verbe conjugué.
· Carrefour des passions, des textes ayant tous un hypermarché pour cadre.
· Petit plus, des textes mettant en scène des personnages doté d’un petit quelque chose qui les distingue.
· Contes incorrects, des récits plutôt tendres et drôles, gentiment transgressifs
· Préf@ces, des textes issus d’un recueil constitué uniquement de ses avant-propos, dans lesquels il est beaucoup question d'écriture. Mais pas que.
· Existe en noir, les chroniques d’un quartier agité par tous les tourments (et tous les bonheurs) de l'humanité.
![]()
· Wan & Ted, une petite fiction policière mettant en scène deux jeunes chasseurs de prime.
Le numéro 01-08 de Scribulations est disponible par commande en ligne sur le site des Editions La Madolière.
Ecrire à la revue : scribulations@editions-la-madoliere.com
Écrire au directeur de publication : jean-marie-dutey@hotmail.fr
Comment vous est venue l'idée de Scribulations ?
Jean-Marie Dutey : Autant que je me souvienne, c'était le 17 avril 2008 sous la douche. Mais comme toutes les bonnes idées - dont on se demande pourquoi ne les a-t-on pas eu avant - celle de créer une revue où nous pourrions éditer les textes accumulés sur les différents groupes d'écriture du Net auxquels je participais, me trottait dans la tête depuis un moment, ainsi qu'à d'autres auteurs avec lesquels j'écrivais sur ces groupes.
Il faut dire qu'en plusieurs années d'écriture, nous avions accumulé plus d'un millier de textes.
Scribulations procède donc peut-être moins d'une idée que d'un constat puis d'un déclic. Disons qu'en avril dernier, la formule de cette revue s'est imposée de façon plus entêtante qu'auparavant.
Justement, pouvez-vous nous présenter la "formule" de cette revue ?
J.M.D : Matériellement, Scribulations se présente comme un livre. C'est un parti pris qu'avaient par exemple adopté "Univers" chez J'ai lu en format poche, ou "La revue littéraire" aux éditions Léo Scheer. L'idée était de nous éloigner d'un format "magazine" pour aller vers quelque chose de plus anthologique, conforme à notre contenu puisque Scribulations ne publie pas d'article d'actualité littéraire, ni de critique de livre, juste des textes dont la qualité nous laisse espérer qu'ils garderont leur intérêt de longues années.
En effet, j'ai la revue en main, c'est un volume épais de deux cent pages, qui revêt toutes les apparences d'un livre, à part son prix peut-être et sa maquette ?
J.M.D : Oui, Scribulations est vendue au prix public de 10 € ce qui ne devrait pas ruiner ceux de nos fidèles lecteurs qui achèteront les trois numéros que nous publierons par an. Quant à la maquette, toute réclamation est à m'adresser personnellement puisque je m'en suis chargé. Vous n'aimez pas ?
Si, si... Elle est, comment dire ? très "moderne", par exemple le travail sur les lettrines.
J.M.D : (rires) C'est vrai que je me suis un peu lâché sur les lettrines. J'avais en tête d'explorer ce que pourrait être l'équivalent contemporain des lettres ornées qu'on trouve sur les manuscrits du moyen âge, mais aussi l'idée de trouver dans le texte lui-même, dans sa lettre, les éléments graphique de sa mise en page et enfin, le souci de m'éloigner de la simple illustration, de la facilité qu'il y a à mettre une image de dune parce que le texte parle de désert, ou de cage parce qu'il parle d'oiseau. Je voulais donc plutôt augmenter la distance entre l'illustration et le texte que la réduire à la lecture de l'illustrateur, créer entre le texte et les éléments graphiques un espace le plus ouvert possible, que l'imaginaire du lecteur puisse investir librement. Mais c'est une démarche à poursuivre, dont les prochains numéros baliseront les étapes.
Si j'ai bien compris, les auteurs de ce premier numéro se connaissent tous depuis longtemps ?
J.M.D : Oui et non. Certain ont déjà travaillé ensemble sur des projets littéraires que nous avons menés en ligne il y a plusieurs années, d'autres nous ont rejoint récemment. Tous font parti de plusieurs groupes réunis sur Internet autour de propositions d'écriture souvent très larges, mais dans lesquelles Scribulations puisse sa matière première.
Vous pouvez nous présenter certains de ces groupes ?
J.M.D : Volontiers. Le premier d'entre eux est bien-sûr le groupe "Dixit" qui propose en permanence aux auteurs dix propositions d'écriture, renouvelées quand elles s'épuisent. Pour ce numéro de Scribulations, nous avons pioché dans les rubriques " Sans verbe", "Petit plus" et "tranches de vies". Mais nous avons aussi puisé largement dans les textes écrits sur le groupe "Contes incorrects", "Préf@ces" et "Carrefour des passions". Nous espérons bien ainsi créer un "appel d'air" suffisant pour que les animateurs d'atelier d'écriture de France et de Navarre nous soumettent des textes produits dans leurs ateliers.
Vous dites "de France et de Navarre", mais si j'ai bien lu, les auteurs publiés dans Scribulations sont d'ors et déjà issus des quatre coins du monde ?
J.M.D : Vous avez bien lu. Les auteurs sont francophones, mais trois d'entre eux vivent au Québec, un autre en Espagne, un autre au Brésil, l'autre grosse moitié en France. C'est l'avantage d'Internet : la Terre n'est plus si vaste qu'on ne puisse y écrire ensemble en temps réel ou presque.
Que nous réservent les prochains numéros ?
J.M.D : Ah ben ça, si je le savais... Non, je plaisante. Le prochain numéro, qui devrait sortir en janvier, publiera la suite et la fin des "Silences de Soupir", ce magnifique texte constitué à partir des petits messages laissés plusieurs années durant par une participante au groupe "Auteurs Salle d'Écrivains" en réponse à la question que j'avais lancée : "Qu'entendez-vous dans le silence ? " Nous aurons aussi le deuxième tiers de "Existe en noir",ces délicieuses chronique de quartier. Un nouvel épisode de "Wan & Ted" nos jeunes chasseurs de prime dont nous voudrions faire un peu les héros récurrents de Scribulations. Sans oublier une nouvelle fournée de "Brèves nouvelles", ces petits textes entièrement guidés par le jeu de mot qui leur sert de moralité. Nous aurons aussi, dans le prochain numéro ou celui d'après, une avalanche d'objets, improbables ou sentimentaux, issus de la rubrique "magasin d'accessoire" du groupe Dixit, mais peut-être chinés aussi dans d'autres brocantes.
Pouvons nous conseiller à nos lecteurs de vous envoyer des textes ?
J.M.D : Bien sûr, avec plaisir, mais comme vous l'avez compris, l'idéal pour Scribulations est de publier des textes issus de la même séquence d'atelier, de la même consigne d'écriture, avec si possible deux mots qui présentent le groupe et les auteurs à l'origine des textes. Parce qu'en définitive, ce que voudrait promouvoir Scribulations, c'est l'écriture elle-même, en ce qu'elle est un moyen d'expression individuel qu'il est agréable d'exercer à plusieurs.
15:39 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : revue littéraire, ateliers d'écriture, poésie |
Facebook
lundi, 06 octobre 2008
Gares
Pour connaître une ville, a dit le philosophe*, il faut voir sa gare.
La houle des voyageurs ondulant sur les quais, particules de vies troquées au hasard, brouhaha inaudible des voix intérieures, chaussures contre souliers, épaule contre épaule, haleine exhalée, souffle inspiré, matière humaine malaxée, maelstrom terrifiant. La gare, Minotaure cruel engloutissant l’humain, digestion du chaos. L’organisation rectiligne des voies, la géométrie parfaite des câbles se croisant, tressant un faisceau d’amarres prêtes à être larguées. Et les quais, tentacules gigantesques lancés vers des ailleurs invisibles.
La voix de la gare dans le haut-parleur nasillard, incompréhensible, son mâché, mastiqué et vomi, venu d’en haut, on ne sait d'où. Le ding-dong énergique imposant l’attention, les informations, et les retards.
L’horloge, soleil de la constellation, œil ouvert comme un reproche, épiant, veillant à la bonne marche des épisodes, d’une précision guerrière.
Les trains, bêtes domptées, rentrés au bercail, le nez dans le licol, leur carapace de métal grinçant de toutes ses dents.
Les courants d’air glacés, serpents de verre s’enroulant autour des cous fragiles, les oiseaux nichant sous les toits vitrés, entre deux poutres de métal, piaillant leur monde parallèle, les vendeurs de journaux aux doigts gris, les contrôleurs dans la suffisance légitimée de leur képi, les sandwichs au goût de cellophane, les bruits amplifiés d’une armée en marche. Les valises pleines d’espoir, les pas nonchalants, ceux pressés, la valse des retrouvailles, le tango des adieux.
L’excitation du voyage, la promesse de l’aventure, les voisins de wagon, les cris des enfants. Et le départ.
Dans certaines gares, les trains ne s’arrêtent pas. Ils déboulent dans un souffle bruyant, charriant l’haleine du diable, font trembler le quai, et la voix dans le haut-parleur, sur un ton péremptoire, exige qu’on s’en éloigne. Et on reste là, figé, fasciné par la puissance, une explosion brutale et fugace comme un coup de poing en pleine figure. On frissonne partagé entre frayeur et tentation.
Les gares ! Sont des livres ouverts d’une surprenante variété, dont les auteurs aux talents divers livrent leurs histoires impudiques … Les gares ! Sur les plates-formes, des vies égarées traînent des solitudes extrêmes. Des cailloux d’illusions semés le long des voies entretiennent l’espoir de retrouver le chemin.
Seule sur le quai, ma valise bourrée de silence, j’attends un train comme un destin qui me serait affecté (qui ne viendrai pas). J’ai pris un aller simple : pourquoi être compliqué si l’on ne sait pas où l’on va. Je regarde les rails, ces flèches de métal décochées par le hasard. Je ne connais pas ma destination, à quoi bon, les billets de train mènent tous au même lieu : aux environs de nulle part. Je remonte mon col, les départs sont toujours frileux ; partir c’est se dépouiller de ses vanités, de ses angoisses, de ses égarements, on va se perdre pour se rencontrer.
®Michèle Menesclou
*Pierre Sanzot
11:54 Publié dans Colophon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : gares, départs, voyages |
Facebook
dimanche, 05 octobre 2008
Dewey danse sur Abba
19:57 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : malcom |
Facebook


