dimanche, 17 mai 2009
Mafia Vodka

-Non !
-Et pourquoi non ?
-Parce que tu m’exaspères !
-Tiens, voilà un argument en béton !
-Écoute, arrête ! Tu m’exaspères, tu m’e-xa-spères, tu comprends ? Qu’est-ce qui t’échappe dans le mot « non » ? Le principe de la négation ? Tu veux que je te l’écrive ? Que je te fasse un dessin ? Que je t’explique sa fonction grammaticale ?
Il est sorti en claquant la porte. Pour lui, c’était elle la plus exaspérante des deux. Pour la énième fois elle avait refusé de lui prêter de l’argent. Ça allait se payer, tout se paie dans la vie !
« Petit con ! Il va me bousiller la porte. »
La teinture posée sur sa chevelure, elle s’observait dans le grand miroir du salon. Ah, la cruauté de ces glaces sans âme ! De vraies putes ! Elles regardent et renvoient les images de tout le monde et de n’importe qui avec une belle indifférence ! Elle ne pouvait pas le nier, son visage avait quelque chose de tordu, comme si toute la partie droite tombait, s’affaissait en boule de cire fondue !
Elle trouvait qu’il exagérait vraiment ce frère immature et inconscient. Il venait de lui faire le coup de la mafia russe le pourchassant. Mafia qui menaçait de lui couper la main gauche et le pied droit, - pour équilibrer, ils avaient dit. De plus, il savait bien qu’il ne fallait rien lui demander lorsqu’elle faisait « sa couleur » !
Elle, autrement dit « la grande sœur », en avait assez de ses magouilles, de ses lourdes pertes au jeu, ses dépenses somptuaires dès qu’il était amoureux ! Et quand il n’avait plus un rond, il s’adressait à qui ce grand benêt de Frédéric ? À leurs parents ? À ses si chers amis ? Non, il allait directement, et sans passer par la case « départ », voir sa grande sœur Gisèle.
Sa vie à elle ? D’une tranquillité, d’un calme, d’un ennui ! Vie qui contrastait violemment avec celle de bâton de chaise de son frère. Mais là, c’était trop, la coupe était pleine. Elle s’était laisser abuser jusqu’à aujourd’hui, par faiblesse, fini !
Le minuteur couina pour indiquer que le temps de pause était achevé, mais elle avait du mal à détourner son regard du reflet que lui renvoyait le maudit miroir. Qu’avait donc son visage ? Ses traits n’étaient pas extrêmement réguliers ni beaux, mais là elle se trouvait carrément moche. Elle se rinça les cheveux abondamment, fit un shampoing appliqué, enveloppa ses cheveux fraichement teints dans une serviette et se réinstalla devant le miroir : « Mais c’est quoi cette tête ? C’est pathétique ! ». Elle se trouvait moche, mais très moche, ses sourcils étaient épais, son nez enflé, un léger duvet au-dessus de la lèvre - auquel elle n’avait jamais fait attention - s’imposait. Gisèle ouvrit la serviette qui retenait ses cheveux : « Nom de nom ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? ». La teinte n’était pas du tout celle escomptée, sa chevelure dense arborait un jaune pisseux. Elle se précipita dans sa chambre et se regarda dans la psyché. Elle lui renvoya une image encore plus pitoyable que le miroir de la salle de bain. Gisèle n’avait jamais été vraiment belle, mais là ! Elle tenta de sourire, mais on sentait dans ce rictus la volonté farouche de ses traits de lutter contre l’apesanteur. Avec ses yeux de cocker, elle aurait fait pleurer mère Térésa ! Comme pour conjurer cette soudaine prise de conscience d’une laideur inconnue, elle couvrit son visage d’un masque à l’argile.
Et tandis qu’elle s’abimait dans des océans de contemplation désespérée, le téléphone sonna. Elle n’entendit même pas la première sonnerie. Ce n’est qu’à la quatrième qu’elle réagit. Comme le masque de boue verte qu’elle venait de s’appliquer commençait à durcir, elle eut un mal fou à prononcer un allo convenable.
-…lo ?
-Pas trrrop tôt ! Gisèle Lepoix ?
-hummm…
-Ici la mafia rrrusse.
-…
-Écoutez-moi bien : si vous ne nous remettez pas la somme de 50 000 €, nous exécutons Frrrédérrric Lepoix. C’est bien votre frrrèrrre ?
C’était une voix légèrement voilée, relevée d’un accent étrange entre …. l’espagnol et le… russe !
-Merde la boue a éclaté ! C’est malin ! Arrête tes conneries Frédo, je t’ai déjà dit que je ne te prêterai pas cet argent…
-Écoute ma poule, tu fais ce que tu veux avec ta boue, mais moi je ne plaisante pas ! Ton frrrèrrrot, il est là juste à côté de moi et lui non plus il n’est pas en trrrain de rrrigoler. Tu veux que je te montrrre ?
Il y eut un blanc suivi d’un cri terrifiant. L’homme reprit le combiné :
-Alors la grrreluche, tu as entendu ton frrrangin comme il chante bien ? Tiens, je te le passe, il va te dirrre…
-Gisou, par pitié, Gisou, fais ce qu’ils te demandent, si tu savais ce qu’ils viennent de me…
-Ça y est ? Convaincue ? avait repris la voix. Bon, je te rrrappelle pour te donner mes orrrdrrres.
La « mafia russe » raccrocha et Gisèle, tremblante s’assit sur une bergère, des plaques d’argile trop sèche se détachaient de son visage. Ça ne se voyait pas comme ça, mais Gisèle était livide.
Elle se débarbouilla en vitesse et s’habilla promptement. On ne sait jamais, et si tout cela était vrai, Fredo était assez stupide pour se fourrer dans des embrouilles invraisemblables. Nerveuse, elle prit en main le téléphone, de manière à l’avoir en permanence près d’elle au cas où. Elle se dit que ses considérations de tantôt sur son physique ingrat étaient des futilités au regard des événements actuels. Au fond d’elle et sans se l’avouer vraiment, elle se sentait excitée et était un peu reconnaissante à son petit frère de lui faire (enfin) vivre une aventure, quelque chose de palpitant dans sa vie de pauvre cloche moche et sans intérêt.
Le téléphone ringa (le mot n’existe pas, mais elle le trouva beau). La même voix voilée.
-Alorrrs la sista’, on est davantage en condition pour écouter les miennes ?
Le type rigola franchement de son bon mot. « Tant mieux, se dit Gisèle, un homme qui rit est un homme qui n’a pas de mauvaises intentions. » Elle se rassurait comme elle pouvait.
-Laissez mon frère tranquille, s’entendit-elle dire d’une voix un peu chevrotante.
-C’est ça ! Et sinon quoi ? Tu vas le dirrre à la maîtrrresse ? Écoute poufiasse, voilà comment J’AI décidé que ça allait se passer. Tu connais ce bistrrrot « Le Narval » à l’angle de la rrrue des Voiles et du boulevarrrd Serrrgent ?
-Heu oui, je vois…
-Tu descendrrras dans les chiottes, ce soirrr à 18 h tapantes, tu m’entends bien ? Tapantes j’ai dit et tu déposerrras les biftons dans le cabinet du milieu, sous la cuvette. T’as tout bien comprrris petite babouchka ?
-Oui j’ai tout bien compris, mais je trouve que pour un russe vous avez l’accent de Belleville.
-On t’a pas demandé mon currrriculum, rrrépète ce que je t’ai dit si t’as comprrris !
Gisèle avait compris. Sentant confusément qu’il vaudrait mieux être discrète, elle mit un tailleur bleu nuit, attacha ses cheveux jaunes dans un foulard à la Grace Kelly et mit des lunettes de soleil malgré le temps brumeux. À la banque, la guichetière qui l’avait reconnue lui demanda comment allaient ses problèmes de varice et lui délivra une liasse de billets qu’elle ne recompta pas. 50 000 €, ils étaient gourmands ces russes ! Elle voyait s’envoler les économies qu’elle avait fait pour sa prochaine voiture.
Arrivée au Narval, le patron la regarda en travers. C’est vrai qu’elle manquait un peu de naturel avec son accoutrement, on aurait Dupont et Dupond arrivant en terre étrangère.
-C’qu’on lui sert à la p’tite dame ?
-Heu un cognac siouplait !
-Dans une tasse ou au bol ?
-…
-Nan, je plaisante, un cognac un !
Elle qui voulait passer incognito ! Toute la salle riait. Elle jeta quand même un petit regard circulaire, se disant que s’il y avait des russes, ça devait bien se remarquer. Ils porteraient une chapka ou boiraient de la vodka, au pire danserait le kasatchok ou jouerait de la balalaïka, enfin un truc du genre. Mais là, rien. Juste un type s’excitant sur un jeu électronique, un couple d’amoureux qui se léchait la pomme, quelques habitués refaisant le monde en râlant de ne plus pouvoir s’en griller une en buvant un demi. Rien que de très normal.
Elle avala son cognac d’un trait, c’est comme ça que les gens le buvaient lorsqu’ils étaient sous le coup d’une émotion, enfin c’est ce qu’elle avait bu dans un film. Elle regardait sa montre fébrilement et demanda l’heure trois fois au patron que ça commençait à agacer.
-Faut changer la pile, la p’tite dame !
Elle se dit que si Frédo avait des ennuis, c’était bien de sa faute, ce qu’elle avait pu être égoïste ! Elle se détaillait dans un miroir pendant que son frère se faisait tailladé par un… un… un russe ! Bon sang, mais pourquoi elle l’avait envoyé sur les roses ce matin ? Quand leur mère était allée refaire sa vie avec un pilote d’avion turc, elle lui avait bien promis de s’occuper de son petit frère ! La voilà qui manquait à sa parole.
-18 h !
-Hein ?
-Il est 18 h, lui dit le patron du bistrot, vu que vous me demandez l’heure toutes les 5 minutes, je vous avise qu’il est 18 h !
-Merci monsieur.
Elle paya et demanda la direction des WC.
-C’est comme le Port Salut c’est marqué dessus, lui dit le patron en lui indiquant le néon.
Elle descendit prudemment, l’escalier était sombre. Soudain elle s’arrêta net, non pas que l’odeur ammoniaquée du pipi l’incommoda, mais un choix qu’elle n’avait pas prévu de faire s’offrit à elle.
« Qu’est-ce qu’il a dit ? Toilettes filles ou toilettes hommes ? »
Elle opta pour les toilettes hommes qui, par chance, étaient vides. Trois cabinets, comme des cabines d’essayage. Elle sortit de son sac une poche plastique prisunic et la posa délicatement au pied de la cuvette de faïence qui, soit dit en passant, était un peu ébréchée.
« Mon Dieu, se dit-elle, et s’ils lui avaient vraiment coupé un pied et une main ? Je ne m’en remettrais jamais ! »
Elle remonta vers le bar, ignorant si elle devait rester ou partir. Les ordres du ravisseur n’étaient vraiment pas clairs. Dans les films les gens savent très exactement ce qu’il faut faire, ils n’ont pas besoin de noter l’adresse ou le numéro de téléphone, elle était bien incapable dans la panique de se souvenir de quoi que ce soit, elle, elle avait tout écrit sur son bloc d’une main tremblante, « Narval », cabinet du milieu…
Dans l’incertitude, elle alla s’asseoir sur une banquette dans le fond dans la plus grande discrétion.
-On remet ça ma p’tite dame ? cria le patron.
-Hein ?
-Un autre cognac ?
« Une fois de plus c’est raté pour la discrétion », se dit Gisèle. Elle avala d’un autre trait le liquide doré et se sentit un peu pompette : « manquerait plus que je sois beurrée ! ».
Elle attendit quelques instants scrutant le petit escalier menant aux toilettes, mais aucune activité de ce côté-ci. Un type passablement éméché que tout le monde appelait Jojo en lui tapant sur l’épaule, avait bien tenté une approche vers la descente aux cagoinces, mais le patron l’en avait dissuadé :
-Eh Jojo, t’en va pas me dégueulasser mes cabinets, la Jeanine elle a eu du mal à récupérer les carreaux la dernière fois, tu te souviens quand t’as voulu nous repeindre les murs…
-Ça va, répondit le Jojo en question, je me retiendrai jusqu’à la maison, t’es pas un marrant Marcel !
Gisèle avait tremblé que le type un peu crasseux du nom de Jojo descende dans les toilettes et trouve les 50 000 € emballés par prisunic. Il aurait fallu qu’elle l’accompagne pour surveiller et ça, elle n’y tenait pas vraiment. Elle attendait un signe de la mafia russe qui ne venait pas.
Au bout de longues minutes d’attente, un type est entré au Narval, il a salué la compagnie est s’est assis un peu à l’écart. La cinquantaine un peu bedonnante, il n’était pas sans charme et Gisèle réajusta son foulard et son soutien-gorge. Un vieux beau comme ça, ça pouvait être intéressant. Puis elle s’en voulu, réalisant que c’était peut-être lui la mafia russe ! Elle se cala sur son siège lorsqu’elle le vit prendre la direction des toilettes. Avec quelques enjambées de distance, elle lui emboita le pas. Il entra dans les cabinets garçons, elle le suivit. Mais au lieu de se rendre dans celui du milieu, il alla faire son besoin dans celui du fond.
Dépitée, Gisèle fit semblant de se laver les mains. Le type tira la chasse et passa devant elle en la toisant. Il remonta, elle remonta aussi.
Le bonhomme s’approcha du bar et dit assez haut pour que tout le bistrot entende :
-Dis-donc Marcel, je ne savais pas que t’avais repris du service comme taulier, t’as embauché de nouvelles putes ? La prochaine fois choisis-là un peu plus jojo.
Il retourna s’assoir et sortit son journal. Gisèle, rouge de honte reprit son poste d’observation sur sa banquette. Marcel s’approcha d’elle et lui chuchota :
-Heu ma p’tite dame, c’est pas que vous gêniez, mais si vous êtes d’un commerce douteux, je vous prierez d’aller l’exercer ailleurs, moi ça fait 20 ans que je suis rangé des voitures et j’ai pas du tout envie d’avoir des ennuis avec les poulets de la mondaine. Je vous serez reconnaissant de bien vouloir prendre vos clics et vos claques et de fichez le camp de mon honnête établissement. Vous inquiétez pas, le cognac il est pour moi.
Dans l’incapacité de lui expliquer le pourquoi du comment, Gisèle, plus piteuse que jamais prit son sac et sortit. Il n’était pas question de rester à attendre sur le trottoir, se faire prendre pour une pute une fois dans la journée, c’était bien suffisant comme ça. Elle se dit que la mafia russe arriverait bien à la joindre chez elle et elle décida de rentrer dans ses pénates.
Aucune nouvelle de son frère toute la soirée. Elle ne dormit pas de la nuit et le lendemain matin elle se dit qu’elle aurait peut-être intérêt à avertir la police malgré les injonctions des ravisseurs. Elle pensa qu’il vaudrait mieux attendre le lendemain. Elle fit bien. Elle se préparait un thé à la rose – il y avait deux jours qu’elle ne marchait plus qu’à ça – lorsque le téléphone sonna.
-Gisèle, c’est toi ? C’est moi !
-Moi ? Moi qui ?
-Ben Frédo quoi, ton frère !
-Ils… ils t’ont relâché ?
-Ben oui !
-Et tu vas bien ?
-Ben oui !
-Et tu es où ?
-C’te question, ben je suis à Paris. Je t’appelais pour te dire que tout va bien, que les russes ont bien trouvé ton paquet et ils ont même dit que même si t’étais moche comme un cul, c’était un vrai plaisir de traiter avec toi. Bon je te laisse ma Gisou, j’ai un avion à prendre. T’en fais pas pour moi, je te rappelle dès que je reviens.
Gisou sentit le rouge de la colère lui monter aux joues, Frédo s’était bien moqué d’elle, lui et sa mafia russe. Il y avait forcément des complices dans ce maudit bistrot Narval. Frédo il payerait à son retour. Sûr qu’il ne manquerait pas de l’appeler pour lui taper un peu d’argent !
Tout le Narval allait lui rendre gorge pour l’humiliation, la peur, et ses économies envolées, à elle : Gisèle Lepoix, laide et malheureuse, ordinaire et sans vie. Gisèle-la-poisse, Gisèle-la-poire, Gisèle-la-nouille, Gisèle-sans-couille qui se laisse avoir par la fripouille, Gisèle-l’inquiète qui rêve de voir une quéquéte.
Folle furieuse, elle se dirigea tout droit vers l’armurerie Deschamps « Armes en tout genre », prête à tout, prête à un massacre, à laisser son nom dans les annales du crime, elle voulait tout descendre au Narval. Elle voulait tout descendre tout court. Elle se voyait une mitraillette à la main arrosant de pruneaux bien salés l’assistance moqueuse du troquet, russe ou pas, elle était prête à tout dégommer.
Rue du Sergent, juste avant l’armurerie Deschamps « Armes en tout genre » et le Narval où riaient encore Jojo-pompette, Marcel-sournois et autres ennemis à abattre, au 39 rue du Sergent très exactement, se tenait l’agence Maarive spécialisée en voyages vers la Polynésie. Juste au moment où, d’un pas plus qu’alerte, Gisèle passait devant sa porte vitrée, sortit un homme qu’elle fit, bien involontairement, trébucher et qui s’étala de tout son long sur le pavé. Gisèle-soupe-au-lait oublia toute sa rancœur envers l’humanité et se précipita vers le type affalé par sa faute.
-Je vous demande pardon, Monsieur, je suis si maladroite, s’écria Gisèle-la-désolée.
Le bonhomme se releva en époussetant son costume trois pièces.
-Ne vous excusez pas jolie madame, tout est rrrééllement de ma faute, dit-il avec un joli accent slave.
« Jolie madame ! Ce type est aveugle, se dit Gisèle, quelle aubaine ! »
Il l’invita à boire un verre au Narval proche afin de se remettre de leurs émotions. Lorsque Marcel vit entrer la jeune femme il la montra du coude à Jojo :
-Tiens, c’est notre cliente, elle a réussi à lever un pigeon !
Le russe s’appelait Sergueï et entre lui et Gisèle, ce fut immédiatement le coup de foudre. Sergueï qui venait de conclure quelque affaire juteuse lui proposa de partager le voyage qu’il prévoyait de faire du côté des îles, « là-bas », montra-t-il vaguement du doigt.
Bien sûr, elle oublia toutes ses velléités de vengeance et accepta avec joie, se disant que c’était une chance pour elle que les hommes du grand froid avaient d’autres canons de beauté que ceux vivant sous nos latitudes. Ils partirent bras dessus bras dessous vers des cieux toujours bleus… enfin c’est ce qu’on croit, parce que selon d’autres sources, peu fiables il est vrai, Gisèle serait devenue une marraine de la mafia russe, Elle se ferait nommer à présent la grande Catherine !
Michèle Menesclou
11:56 Publié dans Les petits papiers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : nouvelle, humour, mafia, russe |
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