jeudi, 08 octobre 2009

Octobre

Et octobre entre en scèneimage ancienne.gif
Sobre docte
Illustrant la rigueur
Le temps du maître
Des tabliers
Des cahiers neufs

 

Les yeux se cernent
Le ciel est terne
Gris monotone
Les pieds ont grandi
Le monde est plus petit
Septembre était encore joyeux
Canaille et vigoureux
Octobre s’ennuie.

 

Les yeux se gorgent de pluie
Larmes du jourUn billet oublié
Dans un livre jauni
Temps du silence

Temps du dedans
Pause pesante
Tout est lourd et accable
Des rêves enfouis dans le cartable.

 

Michèle Menesclou

lundi, 13 avril 2009

La poésie c'est bidon !

Deux ou trois mots jolis

Patinés lustrés et polis

Des virgules des suspensions

Des trucs moches des abominations

Des images roses d’enfants gentils

Des figures de style s’abattant en pluie

Quelques acrostiches des rimes sur les sentiments

Un (ou plus) singulier béat entre deux errements

C’est une valse de confettis bidon !

Une vraie balade de corneilles de guéridon

 

corot Poète.jpg

La Poétesse de Corot

dimanche, 12 avril 2009

Conversations avec la nuit

magritteles chasseurs de la nuit.JPG

 

Le futur est un rêve où le sommeil n’est que la statue de ma mémoire.

Le sommeil est un miel doux et fragile, le rêve un trône où tombe une pluie de hasard.

J’y marche sous la neige sans soulier dans une rue sans début, en somnambule.

Le rêve est une bohémienne prisonnière d’un miroir,

Un fantôme sans gloire qui de nuit finit sa route…

mercredi, 28 janvier 2009

Collection intime

Chopin-Florent-1.jpg

 

A la tombée du jour s’endort une ville,
Dans une odeur d’encens chaud.
Vers l’horizon s’étend l’usine blafarde à col mao.
Dans le pré poussent des bâtons de réglisse,
Comme des fils à tisser.
Au jardin, un écolier sournois rit des citrons fanés.
Sous la lune,
Un blizzard têtu entonne des chants nobles.
Dans la brume rouge,
Des abeilles s’envolent vers des palmiers soumis.

 

MM

samedi, 22 novembre 2008

Julos Beaucarne

Les vrais amis sont comme les arbres

Julos beaucarne.jpg

 

Les vrais amis sont comme les arbres

Ils ont hâte de te voir

Mais restent imperturbables

Si tu ne passes pas dire bonsoir

Même après une longue absence

Tu peux renouer avec eux

Il n’y a pas d’intermittence

Te revoir les rend heureux

Les vrais amis sont comme les arbres

Plantés très loin ou bien tout près

Sans jalousie et sans alarme

Ils croissent, c’est leur métier

Les vrais amis sont comme les arbres

Ils tendent leurs bras, ne plient pas

Ils grimpent vers la lumière

C’est ce qui les met en joie

Les vrais amis sont comme les arbres

L’univers est dans leur peau

Qu’il fasse pluie, glace ou bourrasque

Ils parfument et tiennent chaud

Les vrais amis quand ils trépassent

N’en finissent pas de fleurir

Dans nos mémoires opiniâtres

Même coupés les arbres prient

 

 

Julos Beaucarne le 23 mai à la Bouverie

inspiré d’un texte trouvé chez Annette Cornille

 

lundi, 15 septembre 2008

Tango

tango.jpg

Il y a la saison des pluies
Et la saison des pleurs
Et si ce n’est pas lui
Tant pis si je meurs


Au fond du noir :
La couleur
Au fond de l’espoir :
La douleur.

Dans mon manteau d’écorce
Je lisse le temps
Un tango féroce
Lascif et envoutant


Chaque pas balance
Et j’avance


Et je m’enfonce

Michèle Menesclou

mardi, 09 septembre 2008

~ Septembre ~

Automne.jpg

Dans les arbres,

Les chiens aboient.
La voici la saison !

Achevées les moissons,

Les portes sont condamnées.

Sur les toits

Les couleurs languissent,

Les rues grises

Courbent le dos.

L’asphalte durci

Pousse là et ici.

Un ciel poudré

Clos l’espoir

Le couvercle de la boîte

Se ferme en septembre.

Michèle Menesclou

jeudi, 07 août 2008

Rayer les mentions inutiles (ou petit poème à choix multiple)

 

De bon, de beau, au petit, de grand matin

J’ai pris la route de satin, Je suis parti sur le chemin.

Le vent, la pluie, la grêle, la neige, mon chien, m’accompagnait,

Et aussi mon épée, ma frivolité, mes regrets.

J’ai regardé derrière, franchi la barrière,

J’étais si fière, épris de bière.

J’étais porté par mes souliers, un cheval ailé,

J’ai franchi de vastes contrées, les bornes de la civilité.

Et les gens j’ai aimé, m’ont jeté.

Je rentre chez moi, toi,

Plus riche qu’un roi, bête qu’une oie !

Michèle Menesclou

samedi, 12 juillet 2008

Dans le noeud du bois

 
 
La blessure est exsangue,
Elle noircit avec le temps.
Noeud-Bois.jpgPas d’orage cet été,
Une pluie douce
Comme un pansement.
Dans le nœud du bois
Je me suis blottie,
Fourmi.
De là l’indicible paraît
Dedans je me fond.
Un à un les nœuds se défont,
Claquent sous la lame.
Dans peu, l’air sera limpide,
Je sortirai de l’arbre
Et respirerai à pleins poumons.
 
 
Michèle Menesclou 

mercredi, 04 juin 2008

La tentation du silence

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La tentation du silence
Tentation du vide
Envie de rien du dehors
Envahie par le dedans
Submergée par le fond de soi

 

Entrouvrir les volets de l’âme
Séquestrer les émotions
Et taire et ravir les envies
Tarir la source des sons
Dans un puits profond et sourd
Faire tomber un à un les mots
Les entendre heurter la surface
Et rire en silence d’avoir perdu la parole.

Michèle Menesclou

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