samedi, 16 août 2008

Scribulations

Scribulations – La Revue, paraîtra à la rentrée. J’aurai, d’ici-là, le temps d’en reparler.

Mais, comme l’aurait dit en son temps un célèbre journaliste scientifique : « Scribulations c’est quoi ? ». Au fil des années s’est constitué, sur le net, un groupe d’auteurs. Nous écrivons suivant certaines contraintes, et surtout notre inspiration, des textes constituant un corpus. Ce corpus, jusqu’à présent n’avait jamais été exploité, à l’exception des textes écrits pour le titre Photomaton. Il nous est apparu (et l’initiative en revient à notre chairman (!), Jean-Marie Dutey) comme une évidence que ces textes trouveraient largement leur place dans une revue, tant par la quantité produite, que par la qualité de certains de ces écrits. Et comme l’aventure ne nous effraie pas, nous nous sommes engagés, sous la houlette d’un éditeur (La Madolière : http://www.editions-la-madoliere.com/scrib0.htm) à corps perdu dans cette nouvelle  entreprise monopolisant nos énergies. Autant dire que Scribulations est notre bébé, nous le chérissons et entourons sa naissance de toute notre attention et de notre amour.

 

Ces temps-ci, sur la toile, un blog nous annonce la naissance d’une revue au nom étrangement similaire à Scribulations. Je n’en citerai pas le titre, mais cette revue est un simulacre, méfiez-vous des contrefaçons !!!

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Méfiance donc, Tout ce qui n'est pas Scribulations n'est qu'imitation !!!

 

 

dimanche, 23 mars 2008

Eternité

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Dieu regarda les hommes et s’étonna, Lui qui ne s’étonnait plus de grand-chose : « Je leur ai offert le temps et ils n’ont fait que le partager, le répartir, le diluer, le délayer jusqu’à le perdre ». Et Il s’arrêta car Il manqua de vocabulaire pour formuler Sa pensée, ce qui n’était guère courant parce que les pensées, Il les possédait toutes, quant aux mots, Il avait l’habitude de jongler avec, c’est avec eux qu’il avait créé l’univers entier.

« Je n’ai fait que séparer la nuit du jour, le jour durant entre deux couchers de soleil, eux se sont ingéniés à le couper, le recouper et le découper encore. Je leur ai donné le temps avec la promesse de l’éternité et pourtant ils courent, ils courent les hommes. Ils ne le prennent pas le temps. » 

 Il n’y avait pas vraiment de colère dans Sa voix, mais un peu de ressentiment et beaucoup d’incompréhension.

À ce moment-là, un petit angelot voletant autour du créateur lâcha un vent céleste très parfumé. « Contrôle-toi Éole, s’impatienta Dieu mi-énervé, mi-amusé, tu vois bien que je suis en pleine réflexion ! »

L’ange ajusta son aura et, un peu vexé, s’en alla voler un peu plus loin.

Satan qui ne traînait jamais bien loin de Dieu-le-Père et de ses Elohims s’approcha intrigué. Il y avait bien longtemps qu’il ne l’avait pas vu aussi songeur. « Tiens, dit-il aux diablotins qui l’accompagnaient, le Vieux radote encore ! ». Il s’approcha de quelques années-lumière pour mieux entendre.

« Moi qui ais l’éternité devant moi, reprit Dieu, tous les séraphins et autres  purs esprits qui emplissent notre Eden, savons qu’il est inutile de compter le temps

« Nous en parlons à notre aise, l’interrompit Satan à l’affût. Pour nous le temps est une notion qui se fond dans l’infini, moins on maîtrise et plus on compte. Les hommes sentent les choses leur échapper et tentent de mettre le temps en équation. ». Puis il se mit à rire, à rire à gorge diabolique déployée.

Dieu ne l’entendit pas de cette oreille et demanda :

-C’est de Moi que tu t’amuses ainsi ? 
-Je n’oserais, répondit le maître des abîmes, je ne ris pas de toi, mais des hommes, tu leur as donné le temps et moi je leur ai mis le feu aux fesses !

 

©Michèle Menesclou (Extrait de Contes-minute)

lundi, 10 mars 2008

Borges

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L’immortel

 

 

Partis d’Arsinoé, nous avons pénétré dans le désert embrasé. Nous avons traversé le pays des Troglodytes, qui dévorent des serpents et manquent de l’usage de la parole ; celui des Garamantes, qui ont leurs femmes en commun et qui se nourrissent de la chair des lions ; celui des Augiles, qui vénèrent seulement le Tartare. Nous avons fatigué d’autres déserts, où le sable est noir, où le voyageur doit usurper les heures de la nuit car la ferveur du jour est intolérable.

 

 

Jorge Luis Borges – L’aleph

 

samedi, 01 mars 2008

L'extraordinaire histoire d'Augustin Pépin -Genèse d'un héros

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Augustin Pépin est né le 12 décembre 19..  à Gand en Belgique, d’un père médecin et d’une mère pianiste concertiste. Fils unique, il souffrit longtemps du peu d’attention que lui portaient ses parents. Sa grand-mère paternelle, Joséphine Pépin lui servit de confidente jusqu’à ce qu’elle décéde, il avait alors 12 ans. Il grandit seul et sans le moindre ami, si ce n’est ce chihuahua ridiculement minuscule que sa mère lui rapporta d’un voyage au Mexique et qu’elle l’obligea à nommé Émile. Augustin Pépin découvrit plus les hommes dans les livres que dans la réalité. Un précepteur se chargeait de faire son éducation. Un jeune allemand fin et timide qui influença pour longtemps ses goûts musicaux et sexuels. Ce n’est que vers 17 ans (l’âge auquel il obtint ses humanités) qu’il se frotta à la réalité et  se mêla à la plèbe : celle de l’université. L’âme humaine à grande échelle fut pour lui une révélation : sa complexité, sa diversité.

 

A 21 ans, majeur et adulte, il se fit engager comme reporter dans un journal de sa région. Ce ne fut pas sans mal, son allure d’éternel adolescent n’avait pas inspiré confiance à Jehan Bichut, rédacteur en chef du « Soir ».  Mais Augustin était un jeune homme pugnace et était décidé à exercer coûte que coûte le métier qu’il s’était choisi : journaliste. Sa soif de découverte du monde serait-t-elle un jour étanchée par l’exercice de cette profession ? Il en était persuadé. Il partit en Inde et rencontra un petit homme anorexique. Il s’avéra que sa rencontre allait être le déclencheur de sa carrière puisque son interlocuteur devait changer la face du monde : interview exclusive de Gandhi par Augustin Pépin. Cela lui valut la reconnaissance de ses pairs et surtout celle de Jehan Bichut qui l’engagea définitivement. Le jeune homme voyagea dans les régions les plus reculées de la planète et revint à chaque fois avec des documents sensationnels ne manquant pas de  marquer les esprits de ses congénères.

 

C’est à 30 ans, plus juvénile que jamais qu’il fit les rencontres qui allaient bouleverser son existence. La première s’était présentée sur quatre pattes en la « personne » d’un chien de race indéterminée pour lequel Augustin eut un vrai coup de foudre et qu’il nomma Émile, en souvenir de son petit compagnon d’enfance. Pour la deuxième, les choses avaient été moins évidentes. Il en avait rencontré des bourlingueurs, des aventuriers de toute espèce, mais le plus incroyable fut bien ce marin original et alcoolique traînant dans les bars et menant son bateau à la ruine. L’échange humain fut fabuleux : Augustin sauva le capitaine de son penchant fatal et ledit capitaine lui appris, en retour, la vie en mer, sa rudesse, la promiscuité avec des hommes bourrus et crus, chantant Valparaiso et jurant comme on respire. Les deux hommes s’étaient trouvés et n’étaient pas prêts de se séparer. Ils parcoururent le monde, du Tibet à l’Afrique et croisèrent l’existence de scientifiques, de bandits et de génies. La meilleure amie de madame Pépin mère, une cantatrice fameuse, tenta de détourner le jeune Augustin de ses penchants naturels pour les hommes, mais sans y parvenir. C’est ainsi que Pépin et le marin finirent leur vie, heureux et coupés du monde dans un château dont le capitaine avait hérité. Augustin mourut le premier à un âge fort avancé, laissant un capitaine désespéré. Du moins de mauvaises langues ont dit qu’il s’était consolé avec le majordome.

C’est ainsi que prend fin le récit de la véritable histoire d’un homme hors du commun : Augustin Pépin dit Tintin.

 

©Michèle Menesclou