lundi, 13 avril 2009

La poésie c'est bidon !

Deux ou trois mots jolis

Patinés lustrés et polis

Des virgules des suspensions

Des trucs moches des abominations

Des images roses d’enfants gentils

Des figures de style s’abattant en pluie

Quelques acrostiches des rimes sur les sentiments

Un (ou plus) singulier béat entre deux errements

C’est une valse de confettis bidon !

Une vraie balade de corneilles de guéridon

 

corot Poète.jpg

La Poétesse de Corot

mercredi, 31 décembre 2008

SUEURS

 

Est-ce que la pluie et la sueur sont une même eau ?

Larmes et perles de mon front un même flot ?

Les arbres exsudent toute leur sève

Le ciel pleure sur le charnier de mes rêves.

 

Tombe l’eau de mes paupières

Roulent les gouttes des congères

L’hiver s’émeut

Je dis adieu

 

 

 

Dans les ténèbres la rosée s’embrume.

En rigole douce, une petite écume 

Brûle la lèvre

Où les baisers enfièvrent.

 

Coule la sueur au creux des riens

Longe le sillon de mes reins

Creusé au fon du ravin

Où meurent les alevins

 

La plaine debout s’éveille soudain

Entre deux sanglots vains

Dans un nuage livide

Qui passe léger et rapide

 

Michèle Menesclou

 

 

samedi, 25 octobre 2008

Scribulations

 

Bonjour,
 

Je suis très fière de vous annoncer la naissance de la revue papier "Scribulations". C'est une revue dans laquelle je me suis beaucoup impliquée et qui me tient très à cœur. Elle se présente sous format livre et je vous promets de belles lectures.  

Cette revue se propose de mettre en avant les textes écrits en ateliers. Nous faisons également des appels à textes (et à illustrations) pour les numéros futurs et je pense que ça pourrait intéresser quelques-uns d'entre vous.

Amitiés à tous

Michèle Menesclou

 

couverture.JPG

Scribulations publie trois fois l’an des textes courts issus d’ateliers d’écriture, cette dénomination étant très large, puisqu’elle englobe toutes les formules permettant à des auteurs de se retrouver pour écrire, y compris sur Internet.

Se réunir pour écrire encourage, stimule, ouvre des perspectives nouvelles et permet de rencontrer ses premiers lecteurs. C’est bien du plaisir d’écrire avec d’autres dont voudrait témoigner Scribulations, qui publie dans ses rubriques des textes réunis par la même proposition d’écriture, ou écrits à plusieurs.

Scribulations est édité au format livre au prix de 10 € l’exemplaire et le numéro 01-08 rassemble en deux cent pages une bonne cinquantaine de textes, groupés dans huit rubriques :

· Les silences de Soupir, une sélection des poétiques et touchantes réponses postées par une internaute à cette question posée en ligne : « Qu’entendez-vous dans le silence ? »

· Sans verbe, un texte collectif sur l’été, écrit avec cette contrainte particulière de ne pas utiliser de verbe conjugué.

· Carrefour des passions, des textes ayant tous un hypermarché pour cadre.

· Petit plus, des textes mettant en scène des personnages doté d’un petit quelque chose qui les distingue.

· Contes incorrects, des récits plutôt tendres et drôles, gentiment transgressifs

· Préf@ces, des textes issus d’un recueil constitué uniquement de ses avant-propos, dans lesquels il est beaucoup question d'écriture. Mais pas que.

· Existe en noir, les chroniques d’un quartier agité par tous les tourments (et tous les bonheurs) de l'humanité.

illustration existe en noir.JPG

· Wan & Ted, une petite fiction policière mettant en scène deux jeunes chasseurs de prime.

Le numéro 01-08 de Scribulations est disponible par commande en ligne sur le site des Editions La Madolière.

Ecrire à la revue : scribulations@editions-la-madoliere.com

Écrire au directeur de publication : jean-marie-dutey@hotmail.fr

 


Comment vous est venue l'idée de Scribulations ?

Jean-Marie Dutey : Autant que je me souvienne, c'était le 17 avril 2008 sous la douche. Mais comme toutes les bonnes idées - dont on se demande pourquoi ne les a-t-on pas eu avant - celle de créer une revue où nous pourrions éditer les textes accumulés sur les différents groupes d'écriture du Net auxquels je participais, me trottait dans la tête depuis un moment, ainsi qu'à d'autres auteurs avec lesquels j'écrivais sur ces groupes.

Il faut dire qu'en plusieurs années d'écriture, nous avions accumulé plus d'un millier de textes.

Scribulations procède donc peut-être moins d'une idée que d'un constat puis d'un déclic. Disons qu'en avril dernier, la formule de cette revue s'est imposée de façon plus entêtante qu'auparavant.

 

Justement, pouvez-vous nous présenter la "formule" de cette revue ?

J.M.D : Matériellement, Scribulations se présente comme un livre. C'est un parti pris qu'avaient par exemple adopté "Univers" chez J'ai lu en format poche, ou "La revue littéraire" aux éditions Léo Scheer. L'idée était de nous éloigner d'un format "magazine" pour aller vers quelque chose de plus anthologique, conforme à notre contenu puisque Scribulations ne publie pas d'article d'actualité littéraire, ni de critique de livre, juste des textes dont la qualité nous laisse espérer qu'ils garderont leur intérêt de longues années.

 

En effet, j'ai la revue en main, c'est un volume épais de deux cent pages, qui revêt toutes les apparences d'un livre, à part son prix peut-être et sa maquette ?

J.M.D : Oui, Scribulations est vendue au prix public de 10 € ce qui ne devrait pas ruiner ceux de nos fidèles lecteurs qui achèteront les trois numéros que nous publierons par an. Quant à la maquette, toute réclamation est à m'adresser personnellement puisque je m'en suis chargé. Vous n'aimez pas ?

 

Si, si... Elle est, comment dire ? très "moderne", par exemple le travail sur les lettrines.

J.M.D : (rires) C'est vrai que je me suis un peu lâché sur les lettrines. J'avais en tête d'explorer ce que pourrait être l'équivalent contemporain des lettres ornées qu'on trouve sur les manuscrits du moyen âge, mais aussi l'idée de trouver dans le texte lui-même, dans sa lettre, les éléments graphique de sa mise en page et enfin, le souci de m'éloigner de la simple illustration, de la facilité qu'il y a à mettre une image de dune parce que le texte parle de désert, ou de cage parce qu'il parle d'oiseau. Je voulais donc plutôt augmenter la distance entre l'illustration et le texte que la réduire à la lecture de l'illustrateur, créer entre le texte et les éléments graphiques un espace le plus ouvert possible, que l'imaginaire du lecteur puisse investir librement. Mais c'est une démarche à poursuivre, dont les prochains numéros baliseront les étapes.

 

Si j'ai bien compris, les auteurs de ce premier numéro se connaissent tous depuis longtemps ?

J.M.D : Oui et non. Certain ont déjà travaillé ensemble sur des projets littéraires que nous avons menés en ligne il y a plusieurs années, d'autres nous ont rejoint récemment. Tous font parti de plusieurs groupes réunis sur Internet autour de propositions d'écriture souvent très larges, mais dans lesquelles Scribulations puisse sa matière première.

 

Vous pouvez nous présenter certains de ces groupes ?

J.M.D : Volontiers. Le premier d'entre eux est bien-sûr le groupe "Dixit" qui propose en permanence aux auteurs dix propositions d'écriture, renouvelées quand elles s'épuisent. Pour ce numéro de Scribulations, nous avons pioché dans les rubriques " Sans verbe", "Petit plus" et "tranches de vies". Mais nous avons aussi puisé largement dans les textes écrits sur le groupe "Contes incorrects", "Préf@ces" et "Carrefour des passions". Nous espérons bien ainsi créer un "appel d'air" suffisant pour que les animateurs d'atelier d'écriture de France et de Navarre nous soumettent des textes produits dans leurs ateliers.

 

Vous dites "de France et de Navarre", mais si j'ai bien lu, les auteurs publiés dans Scribulations sont d'ors et déjà issus des quatre coins du monde ?

J.M.D : Vous avez bien lu. Les auteurs sont francophones, mais trois d'entre eux vivent au Québec, un autre en Espagne, un autre au Brésil, l'autre grosse moitié en France. C'est l'avantage d'Internet : la Terre n'est plus si vaste qu'on ne puisse y écrire ensemble en temps réel ou presque.

 

Que nous réservent les prochains numéros ?

J.M.D : Ah ben ça, si je le savais... Non, je plaisante. Le prochain numéro, qui devrait sortir en janvier, publiera la suite et la fin des "Silences de Soupir", ce magnifique texte constitué à partir des petits messages laissés plusieurs années durant par une participante au groupe "Auteurs Salle d'Écrivains" en réponse à la question que j'avais lancée : "Qu'entendez-vous dans le silence ? " Nous aurons aussi le deuxième tiers de "Existe en noir",ces délicieuses chronique de quartier. Un nouvel épisode de "Wan & Ted" nos jeunes chasseurs de prime dont nous voudrions faire un peu les héros récurrents de Scribulations. Sans oublier une nouvelle fournée de "Brèves nouvelles", ces petits textes entièrement guidés par le jeu de mot qui leur sert de moralité. Nous aurons aussi, dans le prochain numéro ou celui d'après, une avalanche d'objets, improbables ou sentimentaux, issus de la rubrique "magasin d'accessoire" du groupe Dixit, mais peut-être chinés aussi dans d'autres brocantes.

 

Pouvons nous conseiller à nos lecteurs de vous envoyer des textes ?

J.M.D : Bien sûr, avec plaisir, mais comme vous l'avez compris, l'idéal pour Scribulations est de publier des textes issus de la même séquence d'atelier, de la même consigne d'écriture, avec si possible deux mots qui présentent le groupe et les auteurs à l'origine des textes. Parce qu'en définitive, ce que voudrait promouvoir Scribulations, c'est l'écriture elle-même, en ce qu'elle est un moyen d'expression individuel qu'il est agréable d'exercer à plusieurs.

 

 

 

 

mardi, 09 septembre 2008

~ Septembre ~

Automne.jpg

Dans les arbres,

Les chiens aboient.
La voici la saison !

Achevées les moissons,

Les portes sont condamnées.

Sur les toits

Les couleurs languissent,

Les rues grises

Courbent le dos.

L’asphalte durci

Pousse là et ici.

Un ciel poudré

Clos l’espoir

Le couvercle de la boîte

Se ferme en septembre.

Michèle Menesclou

jeudi, 07 août 2008

Rayer les mentions inutiles (ou petit poème à choix multiple)

 

De bon, de beau, au petit, de grand matin

J’ai pris la route de satin, Je suis parti sur le chemin.

Le vent, la pluie, la grêle, la neige, mon chien, m’accompagnait,

Et aussi mon épée, ma frivolité, mes regrets.

J’ai regardé derrière, franchi la barrière,

J’étais si fière, épris de bière.

J’étais porté par mes souliers, un cheval ailé,

J’ai franchi de vastes contrées, les bornes de la civilité.

Et les gens j’ai aimé, m’ont jeté.

Je rentre chez moi, toi,

Plus riche qu’un roi, bête qu’une oie !

Michèle Menesclou

samedi, 12 juillet 2008

Dans le noeud du bois

 
 
La blessure est exsangue,
Elle noircit avec le temps.
Noeud-Bois.jpgPas d’orage cet été,
Une pluie douce
Comme un pansement.
Dans le nœud du bois
Je me suis blottie,
Fourmi.
De là l’indicible paraît
Dedans je me fond.
Un à un les nœuds se défont,
Claquent sous la lame.
Dans peu, l’air sera limpide,
Je sortirai de l’arbre
Et respirerai à pleins poumons.
 
 
Michèle Menesclou 

mardi, 29 avril 2008

Tablature

 

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dans le noir
faible et timide
balance mon cœur
au bout de tes doigts

cette histoire
bête et sordide
est une erreur
de toi à moi

tu touches
du doigt
le point sensible
dont on ne revient pas 
 

tu couches
toutefois
sur papier combustible
des mots d’émoi de moi

des rangs de perles
des vers à soie
des vers de toi
des mots pour moi


au chant du merle
sur ton toi
sous ton toit
pour quelques mois 
 

du bout des doigts

 

Michèle Meneslou

dimanche, 27 avril 2008

Larmes

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Les femmes ne pleurent pas
Disait papa
Mes frères, mes doux frères
On n’oublie pas son passé
Les femmes ne pleurent pas
Disait papa
Je me souviens de nos projets
Les lumières allumées
Au coin de la rue
Le marchand de journaux
Mes rêves…
Les femmes ne pleurent pas
Disait papa
Pas de larmes
Pas de larmes

©Michèle Meneclou

Orangeraie

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L’air doux de l’orangeraie
Est comme l’haleine de l’été
Je marche vers ta fraîcheur

Des jours à traverser le désert
J’entre en ton palais
J’y trouve une fontaine de douceur

Laisse-moi m’y reposer
Tout le jour
Je ferai voler les voiles

Laisse-moi m’abandonner
Sur la faïence de tes murs
Je te ferai danser

Lorsque la nuit sera venue
Nous dormirons au creux d’étranges rêves
Où ta rose abandonne ses épines

Et lorsque la nuit sera tombée
J’irai goûter aux fruits sucrés
Dans les allées de l’orangeraie

 

©Michèle Menesclou

mercredi, 23 avril 2008

Fabrique

 

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C’est l’ombre qui s’allonge
C’est la fraîcheur empesée
C’est le bourdonnement
Dans le lointain
De la scierie
 

Les rumeurs de la fabrique

Le va et le vient des camions
L’enlèvement des grumes
Le marmonnement de l’eau
Le grincement des lames

Le soir s’étend lentement
Et les ouvriers émergent
Volée migrante
Vers un sommeil hypnotique
Le cœur en copeaux

Ça sent le bois jusque dans les gamelles
Le bois sommeillant dans la remise
Des rondins, des planches ligneuses
Puis ils s’éloignent
Le noir collé aux pas
Vers demain presque déjà

©Michèle Menesclou

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